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 Mais alors si la lune explose...

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Docky :)
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MessageSujet: Mais alors si la lune explose...   Mar 17 Mar 2009 - 20:27

Rappel du premier message :

Voila peut-être bien la pire question qu'on m'ait posé à propos du ciel.

Un collègue d'une trentaine d'années:

"Mais alors, si la lune explose, il fera plus jamais nuit ???"

Sans commentaire.

Y'en a peut-être encore qui croient qu'au bout de l'océan on tombe.
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Neptune
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MessageSujet: Re: Mais alors si la lune explose...   Jeu 26 Mar 2009 - 22:58

Sur le bouddhisme, j'aimerais citer un texte d'Émile Durkheim extrait des Formes élémentaires de la vie religieuse (excusez la longueur du texte) :

Une autre idée par laquelle on a souvent essayé de définir la religion est celle de divinité. « La religion, dit A. Réville, est la détermination de la vie humaine par le sentiment d'un lien unissant l'esprit humain à l'esprit mystérieux dont il reconnaît la domination sur le monde et sur lui-même et auquel il aime à se sentir uni. » Il est vrai que, si l'on entend le mot de divinité dans un sens précis et étroit, la définition laisse en dehors d'elle une multitude de faits manifestement religieux. Les âmes des morts, les esprits de toute espèce et de tout rang dont l'imagination religieuse de tant de peuples divers a peuplé la nature, sont toujours l'objet de rites et parfois même d'un culte régulier; et pourtant, ce ne sont pas des dieux au sens propre du mot. Mais pour que la définition les comprenne, il suffit de substituer au mot de dieu celui, plus compréhensif, d'être spirituel. C'est ce qu'a fait Tylor : « Le premier point essentiel quand il s'agit d'étudier systématiquement les religions des races inférieures, c'est, dit-il, de définir et de préciser ce qu'on entend par religion. Si l'on tient à faire entendre par ce mot la croyance à une divinité suprême.... un certain nombre de tribus se trouveront exclues du monde religieux. Mais cette définition trop étroite a le défaut d'identifier la religion avec quelques-uns de ses développements particuliers... Mieux vaut, ce semble, poser simplement comme définition minimum de la religion la croyance en des êtres spirituels ». Par êtres spirituels, il faut entendre des sujets conscients, doués de pouvoirs supérieurs à ceux que possède le commun des hommes; cette qualification convient donc aux âmes des morts, aux génies, aux démons aussi bien qu'aux divinités proprement dites. - Il importe de noter tout de suite la conception particulière de la religion qui est impliquée dans cette définition. Le seul commerce que nous puissions entretenir avec des êtres de cette sorte se trouve déterminé par la nature qui leur est attribuée. Ce sont des êtres conscients ; nous ne pouvons donc agir sur eux que comme on agit sur des consciences en général, c'est-à-dire par des procédés psychologiques, en tâchant de les convaincre ou de les émouvoir soit à l'aide de paroles (invocations, prières), soit par des offrandes et des sacrifices. Et puisque la religion aurait pour objet de régler nos rapports avec ces êtres spéciaux, il ne pourrait y avoir religion que là où il y a prières, sacrifices, rites propitiatoires, etc. On aurait ainsi un critère très simple qui permettrait de distinguer ce qui est religieux de ce qui ne l'est pas. C'est à ce critère que se réfère systématiquement Prazer et, avec lui, plusieurs ethnographes.
Mais si évidente que puisse paraître cette définition par suite d'habitudes d'esprit que nous devons à notre éducation religieuse, il y a nombre de faits auxquels elle n'est pas applicable et qui ressortissent pourtant au domaine de la religion.
En premier lieu, il existe de grandes religions d'où l'idée de dieux et d'esprits est absente, où, tout au moins, elle ne joue qu'un rôle secondaire et effacé. C'est le cas du bouddhisme. Le bouddhisme, dit Burnouf, « se place, en opposition au brahmanisme, comme une morale sans dieu et un athéisme sans Nature ». « Il ne reconnaît point de dieu dont l'homme dépende, dit M. Barth; sa doctrine est absolument athée », et M. Oldenberg, de son côté, l'appelle « une religion sans dieu ». En effet, tout l'essentiel du bouddhisme tient dans quatre propositions que les fidèles appellent les quatre nobles Vérité. La première pose l'existence de la douleur comme liée au perpétuel écoulement des choses; la seconde montre dans le désir la cause de la douleur; la troisième fait de la suppression du désir le seul moyen de supprimer la douleur; la quatrième énumère les trois étapes par lesquelles il faut passer pour parvenir à cette suppression : c'est la droiture, la méditation, enfin la sagesse, la pleine possession de la doctrine. Ces trois étapes traversées, on arrive au terme du chemin, à la délivrance, au salut par le Nirvâna.
Or, dans aucun de ces principes, il n'est question de divinité. Le bouddhiste ne se préoc-cupe pas de savoir d'où vient ce monde du devenir où il vit et où il souffre ; il le prend comme un fait et tout son effort est de s'en évader. D'un autre côté, pour cette oeuvre de salut, il ne peut compter que sur lui-même ; il « n'a aucun dieu à remercier, de même que, dans le combat, il n'en appelle aucun à son aide ». Au lieu de prier, au sens usuel du mot, au lieu de se tourner vers un être supérieur et d'implorer son assistance, il se replie sur lui-même et il médite. Ce n'est pas à dire « qu'il nie de front l'existence d'êtres appelés Indra, Agni, Varuna ; mais il estime qu'il ne leur doit rien et qu'il n'a rien à faire avec eux », car leur pouvoir ne peut s'étendre que sur les biens de ce monde qui, pour lui, sont Sans valeur. Il est donc athée en ce sens qu'il se désintéresse de la question de savoir s'il y a ou non des dieux. D'ailleurs, alors même qu'il y en aurait et de quelque puissance qu'ils fussent armés, le saint, le délivré, s'estime supérieur à eux ; car ce qui fait la dignité des êtres, ce n'est pas l'étendue de l'action qu'ils exercent sur les choses, c'est exclusivement le degré de leur avancement sur le chemin du salut.
Il est vrai que le Bouddha, au moins dans certaines des divisions de l'Église bouddhique, a fini par être considéré comme une sorte de dieu. Il a ses temples ; il est devenu l'objet d'un culte qui, d'ailleurs, est très simple, car il se réduit essentiellement à l'offrande de quelques fleurs et à l'adoration de reliques ou d'images consacrées. Ce n'est guère autre chose qu'un culte du souvenir. Mais d'abord, cette divinisation du Bouddha, à supposer que l'expression soit exacte, est particulière à ce qu'on a appelé le bouddhisme septentrional. « Les bouddhistes du Sud, dit Kern, et les moins avancés parmi les bouddhistes du Nord, on peut l'affirmer d'après les données aujourd'hui connues, parlent du fondateur de leur doctrine comme s'il était un homme ». Sans doute, ils attribuent au Bouddha des pouvoirs extraor-dinaires, supérieurs à ceux que possède le commun des mortels ; mais c'était une croyance très ancienne dans l'Inde, et d'ailleurs très générale dans une multitude de religions diverses, qu'un grand saint est doué de vertus exceptionnelles ; et cependant, un saint n'est pas un dieu, non plus qu'un prêtre ou qu'un magicien, en dépit des facultés surhumaines qui leur sont souvent attribuées. D'un autre côté, suivant les savants les plus autorisés, cette sorte de théisme et la mythologie complexe qui l'accompagne d'ordinaire ne seraient qu'une forme dérivée et déviée du bouddhisme. Bouddha n'aurait d'abord été considéré que comme « le plus sage des hommes ». « La conception d'un Bouddha qui ne serait pas un homme parvenu au plus haut degré de sainteté est », dit Burnouf, « hors du cercle des idées qui cons-tituent le fond même des Sûtras simples »; et, ajoute ailleurs le même auteur, « son humanité est restée un fait si incontestablement reconnu de tous que les légendaires, auxquels coûtaient si peu les miracles, n'ont pas même eu la pensée d'en faire un dieu après sa mort ». Aussi est-il permis de se demander s'il est jamais parvenu à se dépouiller complètement de ce caractère humain et si l'on est en droit de l'assimiler complètement à un dieu ; en tout cas, c'est à un dieu d'une nature très particulière et dont le rôle ne ressemble nullement à celui des autres personnalités divines. Car un dieu, c'est avant tout un être vivant avec lequel l'homme doit compter et sur lequel il peut compter; or le Bouddha est mort, il est entré dans le Nirvâna, il ne peut plus rien sur la marche des événements humains.
Enfin, et quoi qu'on pense de la divinité du Bouddha, il reste que c'est une conception tout à fait extérieure à ce qu'il y a de vraiment essentiel dans le bouddhisme. Le bouddhisme, en effet, consiste avant tout dans la notion du salut et le salut suppose uniquement que l'on connaît la bonne doctrine et qu'on la pratique. Sans doute, elle n'aurait pu être connue si le Bouddha n'était venu la révéler ; mais une fois que cette révélation fut faite, l'oeuvre du Bouddha était accomplie. A partir de ce moment, il cessa d'être un facteur nécessaire de la vie religieuse. La pratique des quatre vérités saintes serait possible, alors même que le souvenir de celui qui les a fait connaître se serait effacé des mémoires. Il en est tout autrement du christianisme qui, sans l'idée toujours présente et le culte toujours pratiqué du Christ, est inconcevable; car c'est par le Christ toujours vivant et chaque jour immolé que la communauté des fidèles continue à communiquer avec la source suprême de la vie spirituelle.

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onethema
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MessageSujet: LOL   Lun 20 Juin 2011 - 8:43

Bonjour , Trop bien le coup si la lune explose il fera plus nuit Applaudissement
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onethemars
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MessageSujet: Re: Mais alors si la lune explose...   Lun 20 Juin 2011 - 8:45

Docky Smile a écrit:
Voila peut-être bien la pire question qu'on m'ait posé à propos du ciel.

Un collègue d'une trentaine d'années:

"Mais alors, si la lune explose, il fera plus jamais nuit ???"Sans commentaire.

Y'en a peut-être encore qui croient qu'au bout de l'océan on tombe.

c etait une blonde ? sur par contre il ni aurait plus d eclispe!
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MessageSujet: Re: Mais alors si la lune explose...   

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