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 Les compositions

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Neptune
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MessageSujet: Les compositions   Mer 6 Juil 2005 - 11:15

Bonjour,

Comme tous les textes sont excelents, je les met tous

Pour réagir à un texte, cliquez ici

Amicalement Smile

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Dernière édition par le Mer 6 Juil 2005 - 11:34, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les compositions   Mer 6 Juil 2005 - 11:15

Des histoires, il s’en raconte des milliers, écoutez celle ci,
C’est le jeu d’une obsession…
Celle de serrer les dents pour vaincre les agressions.
Celle de fermer les yeux pour tout y voir.
Rentre chez toi, un soir où il fait froid dans la rue, où les gens te se sont à nus.
Réveille ce refrain, qui te suit jusqu’au bout des doigts.
Rêve, le monde est a toi .
Et marche, marche dans ta tête toute la nuit.
Parcours, tout ces horizons.
Regarde, regarde bien tout ce que tu vois.
Tu frissonnes d’émotions.
Tu pleurs, tu pleurs parce que tu as trouvé.
Touché, tranché, accablé tu es !
La chanson est terminé.
C’est fini, tout est fini.
Déteste cette réalité qui t’entoure.
Tape fort, plus fort.
Tu te ronges, tu te hais.
C’est le jeu d’une obsession…


Et quelle est elle ?
Celle de vouloir vibrer au sein d’une transparence même.

Aurore Dumond 19 ans

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MessageSujet: Re: Les compositions   Mer 6 Juil 2005 - 11:17

Auteur : Oméga

-----------------------------------------------------------------

Voici kelkes-un de mes poèmes:


Univers

Assis, seul dans ma chambre, je pense à toi… Ton nom berce mon esprit et
guide ma plume. Jamais je n’ai cessé de t’adorer, jamais je n’ai cessé de
t’observer et toujours j’ai cherché à te comprendre. Oh Univers, immensité
remplie de trésors et de secrets, quand me révèleras-tu tous tes mystères ?
Chaque fois que je te regarde, je m’émerveille face à ta beauté. Je t’adore
mais j’ai honte, honte d’être si ridicule et si petit face à ta grandeur.
Immensité fascinante, je souffre, s’il te plais raconte moi ton histoire,
révèle moi ton secret. Pourquoi suis-je là ? Pourquoi m’as-tu créé?


Je t'ai retrouvé

Je t’ai retrouvé, toi mon astre que je chérie,
Je t’ai retrouvé, toi qui du haut des cieux me fascine,
Je t’ai retrouvé, toi qui de tes milles feux illumine le Chasseur,
Je t’ai retrouvé, toi qui fait de moi un homme heureux,
Je t’ai retrouvé, toi Merveille infinie,
Oui, toi Orion qui domine le ciel d’hiver,
Et qui depuis toujours réveille en moi la plus grande des passions.


Un soir d’observation

Quelle étrange sensation pouvons-nous ressentir quand on observe !
Au début de chaque observation, je ne suis pas très rassuré, être dans le
noir tout seul dehors .... Et puis les étoiles commencent à apparaître dans
le ciel, au début on voit les plus brillantes alors on se concentre sur
elles, puis après viennent toutes les autres, on ne sait plus où donné de la
tête, c'est comme si les étoiles venaient pour me réconforté. Et puis je me
met à penser, à me dire par quel miracle on a tous ça, par quel miracle on est là...
Puis vient l'heure de la fin, je dois rentrer. Je n'ai pas envie de partir,
je veux rester dans ce monde merveilleux qu'est l'Univers, mais la réalité
me rattrape, il faut que je rentre. Je contemple alors ces astres
magnifiques une dernière fois. Je sais qu'elles seront encore là demain, je
sais que les étoiles seront toujours là pour moi. Alors je rentre, apaisé,
libéré du stress de la journée. Je vais me coucher et je m'endors alors, mon esprit s’en allant rejoindre la beauté du ciel ...

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MessageSujet: Re: Les compositions   Mer 6 Juil 2005 - 11:19

Pour Toi

Pour toi, j'ai toujours été là
De ta vie les hauts et les bas
Toujours en t'aidant dans les malheurs
Tout ce que j'ai fait n'était qu'un leurre

Donc pour t'enivrer dans une aveugle confiance
Ce plan étant mien depuis toujours
Et toi te jetant aveuglément dans cette danse
Comme dans un nid d'abeilles une patte d'ours

Pour toi je ferai absolument tout
À condition que bien sûr cette aide me profite
Avec mes belles paroles je te rend soûl
Toutes ces belles paroles dites, sonnent comme dans un mythe

La salive coulant sur mes lèvres
Est comme un fort venin qui coule plus qu'abondément,
Un noir poison au bout d'une fourche
Sur laquelle ont étés empalés les plus déments

Cette histoire, bien que fictive, est en chacun de nous
Comme un démon se faufilant au plus profond
Dans chacun de nos gestes, une récompense est voulue
Comme si l'avidité serait un puit sans fond.


D'un auteur anonyme

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MessageSujet: Re: Les compositions   Mer 6 Juil 2005 - 11:21

Dernière prière.


Bonjour. Je m’appelle Lu ang j’ai 12 ans. Je vis avec mon père, ma mère, ma petite sœur Lia et ma grand-mère. Papa est commerçant, maman fait le ménage à la maison et ma grand-mère est restée paralysée suite à un accident où Pépé est décédé. Lia a 8ans, je donnerais ma vie pour elle, je l’aime vraiment, elle est tout pour moi… Ma famille et moi vivons à Hiroshima, c’est une ville du Japon. Quand je serai grand je partirai en France et j’emmènerai Lia, je trouverai du travail et quand j’aurais assez d’argent, Lia et moi nous ferons le tour du monde. Lia sourit quand je lui raconte ce que nous ferons. Je lui raconte tous les soirs comme nous serons heureux tous les deux et j’aime regarder ses yeux qui brillent quand elle part dans ce merveilleux rêve…


Il est six heures trente, aujourd’hui c’est jour de repos, pas d’école, je vais aller jouer avec Lia autour de la ville. Je n’arrive pas à dormir, je suis excité, je ne sais pas pourquoi. Je n’ai fait que de transpirer cette nuit il paraît que je me suis réveillé en criant à plusieurs reprises… Mais Lia est venu se blottir contre moi et a posé sa petite main sur ma poitrine.

Je me lève. J’ai peur de la réveiller. Si je bouge, elle voudra descendre avec moi car elle n’aime pas être sans moi. Bon allez j’y vais…J’enlève sa petite main potelée puis me met assis sur le lit. C’est bon, elle n’a rien senti.

« Lu ? »

Lu. C’est comme ça qu’elle me surnomme, Lu. Elle est réveillée ! Zut ! Je penche ma tête et jette un regard par dessus mon épaule, ses yeux sont ouverts.

« Oui ma chérie, attends, je t’apporte le petite déjeuner au lit d’accord ? Attends moi là ma puce. »

Elle esquisse un sourire. J’enfile un pantalon et lui dépose un baiser sur la joue, elle ferme les yeux. Je descends les marches de l’escalier sur la pointe des pieds, je ne voudrais pas réveiller Mémé. J’arrive à la cuisine, maman est en train de préparer le petit déjeuner. Papa a dû partir travailler. Maman se retourne, elle a l’air fatiguée. Depuis plusieurs jours elle ne dort plus. Elle m’embrasse. Je prends un plateau et sors dehors. Je reviens avec une fleur d’orchidée et la dépose dans son verre. Maman sourit… J’aime ce sourire, je sais qu’il signifie qu’elle est fière de moi. J’arrive dans la chambre Lia est déjà assise dans le lit et regarde le plateau avec appétit. Je le lui pose sur les genoux et la regarde manger… Qu’est ce qu’elle est belle quand elle mange ! Magnifique… Avec son petit museau, son petit nez qui remonte comme une trompette j’aime ce nez, c’est le nez de ma petite chérie à moi. Elle a plein de chocolat sur les joues, ado-ra-ble. Elle mange vite on dirait à chaque fois qu’elle croit que quelqu’un va lui prendre sa nourriture. Elle a déjà fini la coquine !

« On est quel jour ?

- Oui ne t’inquiète pas, il n’y pas école aujourd’hui tu pourra aller jouer.

- Tu viendras avec moi hein ?

- Oui je ne te quitte plus, je te l’ai déjà dit ! »

On rie. On est heureux. Heureux d’être ensemble. On n’a jamais été malheureux dans notre famille. Enfin… sauf pour l’accident de Mémé mais j’essaie d’oublier je ne veux pas en parler. Quand Lia me pose des questions, je change de sujet. Elle ne se rappelle pas, je sais qu’elle a le droit de savoir mais c’est trop douloureux pour en parler. Mais à part cela il n’y a eu aucun drame. C’est parfait. Je prie tous les soirs pour que cela continue… Tiens, ça me rappelle, j’ai oublié de prier hier soir… C’est bizarre, je n’oublie jamais d’habitude. De toute façon pour un jour je ne vois vraiment pas ce qu’il pourrait m’arriver et arriver à ma famille. Je passerai au travail de Papa tout à l’heure pour savoir si tout va bien.

« Allez viens Lu ! »

Lia est à côté de la porte, elle tend la main vers moi. J’étais tellement dans mes pensées que je ne l’ai pas vu se lever. Je prends le plateau. On descend les escaliers. Lia cours vers Maman et lui saute au cou lui faisant un grand câlin.

« Va voir si Mémé est réveillé mon cœur s’il te plaît. me demande maman »

Je traverse le salon et arrive jusqu’à la porte de Mémé. Je la pousse légèrement, et regarde à travers. Oui, ses yeux sont grands ouverts. J’entre, puis ouvre les rideaux. Je m’approche lui fais un bisou et lui murmure à l’oreille « je t’aime ». Une expression de tendresse dans ses yeux se dégage. Je la lève approche le fauteuil et l’assied dedans. Je l’amène dans la cuisine avec tout le monde et lui sert un plateau. Lia l’embrasse et lui raconte sa nuit. C’est bien que Lia ne soit pas gênée par le handicap de Mémé car je comprendrais que ça puisse être dérangeant de parler et de ne jamais avoir de réponse mais Lia réagit très bien à ce fait.

Tout à coup des bruits effroyables retentissent. Maman se retourne :

« LES SIRENES !!!! »

Elle court dehors, ouvre la porte, des passants courent partout dans les rues. Maman interpelle un passant, un avion isolé aurait été repéré. Elle se retourne vers nous, son visage est décomposé, elle ne sait que faire, elle se précipite vers nous, nous prend Lia et moi par le bras :

« Les enfants ne vous inquiétez surtout pas il faut se calmer le plus possible surtout ne pas vous affolez, n’inquiéter pas Mémé.

- Que se passe t’il Maman ?

- Je n’en sais pas plus que toi chéri il faut juste se calmer et attendre que Papa revienne. »

J’ai peur, je suis effrayé je ne sais même plus où je suis, Mémé a les yeux grands ouverts, Maman lui parle, Lia pleure. Je la prends dans mes bras et nous repartons dans ce rêve… La France, notre appartement rien qu’à nous deux…Je lui murmure qu’elle pourra manger toutes les oranges qu’elle veut, elle sourit. Nous sommes coupés du monde en ce moment, nous rêvons de tout et de rien de nous mais pas d’eux. Je la serre si fort. Nous ne formons plus qu’un. Ce n’est pas elle et moi, mais nous. La main que pose Maman sur mon épaule nous fait revenir à la réalité. Je n’aime pas voir Maman aussi inquiète, elle qui est toujours souriante d’habitude. Il est sept heures vingt-cinq, cela doit faire environ quinze minutes que les alarmes se sont mises en route, Papa ne devrait pas tarder à arriver. Lia s’assoit sur les genoux de Mémé. Papa se précipite dans la maison :

« Vous avez entendu ? J’espère qu’il ne se passera rien de grave ! Encore ces foutus Américains ! Mais pourquoi !

- Hong, ne discute pas, n’affole pas les enfants s’il te plait, le temps nous est précieux, qu’as-tu décidé ?

- Ecoute Nourah, je n’arrive pas à prendre une décision, comment veux-tu réfléchir avec ce bruit infernal !

- Reste calme Hong !! reste calme… »

Les sirènes s’arrêtent. Papa à la bouche grande ouverte. Mais un bruit sourd me reste dans les oreilles. J’ouvre la porte, les personnes dehors sont toutes arrêtées comme si on avait arrêté le temps. Tout le monde est figé. Papa crie :

« C’était le signal de fin d’alerte !! »

Tout le monde se saute dans les bras, l’instant est magique. Je regarde Lia… le sourire d’un ange. Mon petit ange…

Il est donc maintenant huit heures trente et une. Le temps de me préparer. Je pousse Lia pour aller jusqu’à la salle de bain. On se débarbouille la tête et faisons notre toilette. Je vais dans ma chambre pour chercher une chemise et m’allonge sur le lit pour réfléchir. Pourquoi l’alarme a-t-elle sonné ? Je dois oublier, car maintenant c’est déjà du passé. Je ferme les yeux et pense au rêve.

J’ouvre les yeux, ma petite Lia est au dessus de moi un grand sourire aux lèvres.

« Il est déjà huit heure dix Lu, tu n’es même pas prêt. Maman a voulu que je te laisse dormir mais j’aimerais bien que tu m’emmènes au marché.

- Je descends ma chérie. »

Je m’étais endormis, ça m’étonne beaucoup de ma part. J’arrive dans la cuisine Mémé est toujours à la même place, Maman aussi toujours en train de faire la cuisine, Papa est parti. Je m’assois à table, telle une masse.

« Allez !! Prépare toi s’il te plait ! »

Quand elle a quelque chose dans la tête celle la, elle ne l’oubliera sûrement pas.

Papa entre dans la cuisine :

« Euh Nourah, où ai-je déposé les sacs de céréales ? »

Elle part chercher les sacs dans la cave. Quand Papa est pressé comme ça on dirait qu’il ne se rappelle de rien, qu’il ne réfléchit plus. Maman revient, deux gros sacs de céréales à la main.

« J’espère que tu en aura assez.

- Lu pourra m’apporter un sac en passant. Aïe ! Déjà huit heures douze ! Il faut que je me dépêche absolument !

- Papa je pourrais venir avec toi au marché demain ? demande Lia.

- On verra demain ma puce, si j’ai vendu assez il n’y a aucun problème. »

Il lui caresse les cheveux et dépose un baiser sur son front. Je l’aide à porter les sacs jusqu’à la porte.

« Bon à tout à l’heure je serais de retour vers treize heures. »

Toujours pressé. Je me demande comment il fait pour vivre à cette cadence. Lia s’approche de moi et me fait un gros câlin. J’adore son parfum et ses petits bras tout fins qui entourent et serrent mon cou. Je ferme les yeux. Tout à coup un bruit infernal me bloque les oreilles j’ouvre les yeux de la fumée remplit la pièce. Maman et Lia hurlent. La fumée est insupportable, les yeux me brûlent, Lia continu d’hurler, elle pleure. La peau commence à me brûler, maman protège Lia. J’ouvre la porte, un courant de fumée arrive sur nous, mes vêtements brûlent. J’enlève ma chemise tandis que maman cherche des couvertures et les met sur Mémé et Lia. Je sors dans la rue, Papa est allongé par terre il ne bouge plus.

« Papa !!!!!!!!!!!!!!!!!! »

J’hurle, j’hurle de toutes mes forces, je le secoue, ses yeux sont grands ouverts mais il ne me voit plus. Ses habits sont déchiquetés. Je l’embrasse, je pleure, je crie, il est mort.

« NON !!!!!!!!! »

Maman m’a rejoint elle comprend tout de suite, elle se jette sur lui, déchire sa chemise, pose sa tête sur son cœur, il ne respire plus. Elle hurle à son tour. Lia est à la porte.

« Rentre Lia ! Immédiatement ! »

Je ne comprends plus ce qui se passe tout va si vite, tout est si violent. Je tire Maman, je suis obligé de la traîner, elle ne veut rien, comme si elle voulait se laisser mourir à son tour. Je la prends par les épaules de façon brusque pour qu’elle réagisse.

« Maman, nous devons s’occuper de Mémé et Lia à tout prix ! Nous devons les aider ! Maman ! Maman !!! Ecoute-moi ! Maman ne nous laisse pas s’il te plaît… S’il te plaît… »

Elle pleure, c’est insupportable. Tant bien que mal elle réussit à se lever, et marche vers la porte d’un pas lourd, s’appuyant sur moi. Lia est blottie contre Mémé, son corps tremblant de partout.

« Il faut partit maintenant. Lia prend la main de Maman, je pousserais le fauteuil de Mémé. »

Lia acquiesce en hochant de la tête. Nous franchissons la porte. Des tas de gens sont allongés par terre, quelques uns crient au secours, d’autres sont déjà morts. Lia pleure, elle est effrayée par tous ces corps, Mémé aussi. Maman regarde nulle part, elle pense, ce n’est plus la même. Nous passons le plus loin possible du corps de Papa pour que Lia ne le voie pas. Les gens courent, les cris de ces personnes deviennent insupportables. Je comprends que nous devons courir nous aussi si nous voulons échapper au pire.

Nous courons maintenant, je continue à pousser Mémé, je suis si fatiguée. Mon corps me brûle. Une maison explose et nous projette au sol, je ne sens plus mes jambes, mes vêtements sont en feu, je me déshabille complètement du mieux que je peux. Lia est à terre je la relève elle hurle, elle est effrayée. Je me retourne Mémé est par terre Maman à ses côtés, elles sont toutes deux allongées, je ne cherche plus à comprendre. Tout est déjà compris. Nous sommes orphelins.

Il nous faut à tout prix éviter les explosions maintenant. Lia hurle, je lui tiens la main, nous ne pouvons même plus parler. Nous ne faisons que deux choses, courir et pleurer.

Je m’aperçois alors que les vêtements de Lia sont eux aussi en train de brûler. Nous sommes donc nus, notre peau continuant à brûler. Des maisons continuent d’exploser. D’un coup, ma sœur projetée à quelques mètres, moi, à terre je ne peux plus marcher, je rampe, j’arrive jusqu’à Lia. Elle est sur le ventre, je la retourne, je ne vois pas son visage tellement il est couvert de sang. Je l’essuie… Elle est morte…morte. Oui, je viens de perdre la personne à qui je tiens le plus au monde. J’ai perdu mes parents, ma sœur, mon rêve… Je n’ai plus rien. Ma seule issue : la mort.

Je dédie ma nouvelle aux victimes de ce drame et aux familles des victimes.

Parmis eux, des rescapés, dont d’autres mourraient des jours, des mois, voir des années après. Aujourd’hui, Il y en a qui meurent encore de ce drame…

Ce garçon s’éloigne du lieu de l’apocalypse en

emportant son petit frère gravement brûlé.

Ce dernier survivra peu de temps.

Loin des photos tragiques et sanglantes des blessés des premiers jours, ce cliché illustre les effets discrets mais terribles à moyen terme de l'irradiation. Cette fille et son jeune frère ont commencé à perdre leurs cheveux début octobre 1945.
Ils ont ensuite développé différentes maladies pour mourir en 1949 pour le frère et en 1965 pour la jeune fille.


PS : Je n'ai pas pu mettre les images qui étaient avec le message sur le forum, je m'en excuse.

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MessageSujet: Re: Les compositions   Mer 6 Juil 2005 - 11:23

Bonjour,
J'ai 12 ans et je préfère rester anonyme. J'avais écrit ce texte l'année
dernière mais j'ai dû le raccourcir un peu. J'espère que ça vous plaira :

----------------------------
La Marque rouge


Affaire du Petit-Maroc :

1er meurtre :

Paul Mercier, âgé de 13 ans, part de chez lui le 2 octobre, vers
18h00. Le corps du jeune garçon est retrouvé sur la plage du Petit-Maroc, 48
heures plus tard, dans l'après-midi du 4 octobre. Le coupable aurait d'abord
torturé la victime, puis l'aurait étranglé. Le corps est retrouvé dans un
petit tunnel rempli de pierre et d'eau situé sous la jetée du phare. Les
pierres autour du jeune garçon ont été ensuite disposées de telle façon que
cela fasse penser à une sorte de tombe.



2ème meurtre :

Le 16 octobre, Fanny Lestronge, accompagnée de son amie Océane
Goulot, s'aventure sans autorisation sur les lieux du 1er meurtre. Une heure
plus tard, on retrouve son corps sur l'escalier de la jetée menant au phare.
Cette fois, le meurtrier a agi à l'aide d'une arme blanche afin d'inciser la
trachée en coupant les cordes vocales. La marée montante a ensuite effacé
toute trace de doigts et tout indice que le coupable aurait pu omettre de
cacher. Le témoin, Melle Goulot, n'a pu fournir aucune information.



NB : -Les 2 meurtres ont eu lieu sur la plage du Petit-Maroc.

-Pour chacun des meurtres, on a retrouvé gravé au sang sur les pierres
entourant les corps une inscription : un triangle sur une croix

-Les 2 enfants étaient issus de la même classe de 4ème au collège Jean
Moulin.

-Leur professeur de français, Yvonne Verdun, habite au Petit-Maroc, non loin
des lieux des crimes. Elle a mystérieusement disparu la veille du 2ème
meurtre. Aller l'interroger.



François Poltier, jeune et célèbre détective de 25 ans, referma d'un
geste sec le traditionnel calepin qui l'accompagnait dans toutes ses
enquêtes et où il prenait des notes pour contempler d'un geste las la longue
pipe qu'il avait dans les mains. Les yeux fixés dans le vide, perdu dans ses
pensées, François tira alors très lentement une bouffée de sa pipe et libéra
un léger filet de fumée dans la pénombre du restaurant où il était installé.
Puis il soupira, dans un élan de lassitude prononcé. Voilà plus d'une
semaine qu'il était sur cette enquête et il n'avait trouvé aucune piste. Pas
le moindre petit indice pouvant le mener sur la voie du coupable. En vingt
ans de carrière glorieuse et assidue, jamais il ne s'était autant attardé
sur une affaire comme celle-ci. Lui qui pensait que ce serait une partie de
rigolade que de résoudre ce mystère, il était bien ennuyé. D'autant plus qu'il
ne pouvait laisser se dérouler un autre crime. Tout cela n'avait que trop
duré !

Il y avait bien cette étrange professeur à laquelle il ne cessait de
penser. Mais si François était convaincu qu'elle avait une lien avec cette
histoire, il n'en avait aucune preuve. Quel intérêt aurait donc cette femme
à tuer ses élèves ? Et que signifiaient ces entailles gravées sur les
victimes ? Cela n'avait rigoureusement aucun sens.

A cet instant, l'horloge murale située juste au dessus de la table à
laquelle il était assis, sonna onze heures. Etouffant à grand peine un
baillement, le jeune homme estima qu'il était temps pour lui d'aller se
reposer. Il irait voir cette professeur demain, oui, c'est ce qu'il fallait
faire.

Il éteignit donc sa pipe et demanda l'addition.



17 octobre. 10h du matin. Le soleil commençait tout juste à prendre de la
hauteur et l'air frais venu du large avait pratiquement terminé de s'estomper
quand François arriva sur le seuil de la « Maison du Petit-Maroc », brisant
ainsi le silence matinal.

Mme Verdun habitait dans cette petite demeure depuis de nombreuses
années. Veuve depuis plus de 40 ans, elle aimait profondément son travail et
c'était peut-être bien la première fois qu'elle s'abstenait de venir
enseigner, du moins d'après ce que François avait entendu dire.

Le commissaire frappa trois coups sur le battant. La porte s'entrebailla
alors légèrement, le temps d'apercevoir un visage maladif et effrayé. Mme
Verdun parut très ébranlée par les évènements de la semaine d'avant.
Echevelée, le visage pâle, les yeux fatigués, il ne faisait aucun doute que
la vieille personne avait été malade. Elle ne semblait pas être décidée à
recevoir qui que ce soit mais, reconnaissant le célèbre commissaire Poltier,
elle s'écarta à contre-cour pour le laisser entrer. Quelques instants plus
tard, François pénétrait dans un petit salon confiné, surchargé de
dentelles, et qui avait une vague odeur d'ouf pourri.

Notre inspecteur s'assit confortablement dans un fauteuil et ne
put s'empêcher de rallumer sa pipe. Pendant que Mme Verdun préparait dans la
précipitation un petit café très fort de son répertoire, François l'observait
attentivement. Ses cheveux étaient de la couleur grise de ceux qui ont
beaucoup vécu, et son regard d'un bleu pervenche s'était assombri, avec les
années sans doute. De grosses cernes et un air apeuré trahissaient son
attitude dépressive. Personne habituellement vive et énergique, elle était
le genre de femme sévère et maniaque. En effet, la simplicité et la propreté
impeccable de la pièce montrait son aversion pour le désordre et la saleté.
En fait, c'était cela qui avait le plus surprit le détective chez cette
femme. Son appartement était si triste, si gris, si froid.Il semblait
presque sans vie.

« N'y avait-il donc personne pour remettre un peu de chaleur dans le cour de
cette triste femme ? » pensa-t-il. Il entendait par cela, un mari, des
enfants, des amis.

A ce moment, Mme Verdun revint avec deux tasses de café, posées
sur un petit plateau en argent. Puis, celle-ci s'assit avec précaution sur
la petite chaise qui faisait face au fauteuil dans lequel avait pris place
François.

« Ne vous êtes-vous jamais mariée, Mme Verdun ? risqua le commissaire.

- .Si, avec un belge il y a des années.mort à la guerre, comme tous les
autres, lacha-t-elle avec dédain.

- Vous n'avez jamais eu d'enfants ? continua François, interessé.

- Non, jamais.ah si, attendez, oui, une fois. Un horrible garçon. Il était
laid, idiot. Une erreur de la nature celui-là, répondit-elle sur le même ton
méprisant.

- Et où est-il à l'heure actuelle ?

- Pffffuuuii ! Envolé ! Un beau jour, il est parti, il a fugué. On ne l'a
jamais retrouvé, le petit imbécile. A 16 ans ! Plus jamais revu. »

Elle semblait si peu sensible et si peu affectée de la mort de son mari et
de la disparition de son fils qu'on avait l'impression qu'elle possédait un
cour de pierre. François en fut intrigué. Qui pouvait être aussi dépourvu d'amour
? C'était bien étrange.

« - Et quel était le nom de votre mar.

- Et si nous en venions au fait, M. le commissaire ? Pour quelle raison
avez-vous eu l'obligeance de venir me voir ? coupa Mme Verdun avec une
pointe d'ironie qu'elle ne s'était jusqu'alors pas permise.

- Je.Je suis venu vous voir pour vous parler de ces meurtres, évidemment.
Pour quelle autre raison ? contre-attaqua le commissaire, piqué au vif. Ces
deux enfants étaient donc vos élèves, si je ne me trompe. Les
connaissiez-vous bien ?

- Très peu, vous pensez. Mais tout de même assez pour vous dire que ce n'étaient
pas des lumières, compte tenu de leurs résultats scolaires. La fille était
une bavarde. Jamais attentive. Et le garçon ne disait jamais rien.

- C'est tout ce que vous pouvez me dire ? demanda François.

- En effet, j'apprécie énormément mes élèves. C'est horrible d'oser leur
faire du mal. Et je vous assure que le coupable ne partira pas sans un mot
de ma part », répondit-elle à François presque avec défi, au cas où ce
dernier aurait encore doute de son innocence. Mais François était persuadé
qu'elle n'aurait pu commettre de tels actes. Néammoins, il était également
sûr qu'elle avait quelque chose à voir avec cette affaire, d'une façon ou d'une
autre.

L'interrogatoire fut très bref. Il était évident que Mme Verdun
ignorait tout des circonstances des meutres et du coupable. Mais quand
l'inspecteur évoqua les marques rouges auxquelles personne n'avait découvert
quoi que ce soit, elle fut étrangement sécouée de tremblements
incontrôlables et le peu de couleur qui restait sur ses joues s'estompa
immédiatement. Elle avait alors prétendu qu'elle avait froid, ce que
François n'avait pas cru une seule minute. Elle lui cachait quelque chose, c'était
certain. Pour sa part, il n'avait jamais vu ces étranges signes autre part.
Un triangle et une croix. Que pouvaient bien évoquer ces deux formes
géométriques ?



En début d'après-midi, François décida d'aller faire un petit
tour sur les lieux du crime, qu'il n'avait pas encore eu le temps d'étudier.
Il avait bien proposé aux membres de la police nazairienne de l'accompagner
mais ceux-ci, pas encore rassurés, s'étaient empressés de trouver toutes
sortes d'excuses. C'est vrai qu'il y avait de quoi s'inquiéter. En ville, on
appelait maintenant ce lieu « la plage du phare maudit » ou encore, « la
plage aux marques rouges ». Même la nature semblait avoir peur. Le ciel
avait pris une couleur d'un gris pâle et triste, cachant ainsi le soleil. Le
vent s'était fait violent et la mer d'un bleu verdâtre faisait parvenir de
grandes et bruyantes lames jusqu'aux rochers. Et rien, à part ce bruit, ne
troublait le silence inhabituel de ce petit coin perdu. Et puis, au milieu,
attaqué de toutes parts par les eaux déchaînées, le phare se dressait,
surplombant la plage comme un géant dur et froid. Ce climat effrayant, qui
caractérise pourtant la Bretagne, semblait en totale concordance avec l'humeur
massacrante de François, ou était-ce justement ce temps qui le contrariait ?

François prit son courage à deux mains, mais c'est une
expression car il s'en servait en fait pour maintenir son chapeau sur sa
tête et avança sur la jetée, tout en faisant attention à se trouver hors de
portée des vagues qui ne demandaient qu'à l'atteindre. Il avait toujours été
un homme fort et courageux. Quelqu'un à qui rien, ni la mort, ni le sang, ne
pouvait faire peur. Pourtant, cette fois-ci, alors qu'il avançait lentement
vers le phare, il ressentait une appréhension qu'il lui était
malheureusement impossible d'éviter, tant le lieu était effrayant.

Il arriva alors au pied du phare qu'il contempla un bref instant
avant que soudainement, une immense vague bouillante d'écume ne s'élève
devant le phare et ne s'abatte sur lui dans un tumulte impressionnant. Tout
en se protégeant la tête, il s'agrippa à la barrière du phare. Et il eut
raison, car la vague retomba sur lui avec une telle violence qu'elle réussit
presque à le faire chuter. Mais ce n'était pas fini, car une autre vague,
toute aussi dévastatrice que la première, arrivait vers le phare. Trempé
jusqu'aux os, François se précipita alors à l'intérieur du phare, dont la
porte était miraculeusement ouverte et dans un grand fracas, glissa et s'écroula
de tout son long.

Mal en point, mais toujours vivant, il mit alors quelques
minutes pour se rendre compte qu'il baignait dans un liquide qui ressemblait
à . du sang ! Il poussa un cri de dégoût, mais s'immobilisa un instant. Il
venait d'entendre quelque part à sa gauche, un souffle rauque et irrégulier,
tel une longue plainte. Aussitôt, il se releva, prêt à affronter une
événtuelle attaque. Mais l'homme qui lui aussi était assis dans le sang,
était apparemment hors de combat. C'était un homme d'une quarantaine d'années,
dont les vêtements étaient d'une saleté infecte. Il semblait à bout de
force, les cheveux emmelés, le visage épuisé. En proie à une véritable
crise, le malheureux prononçait des phrases insensées. C'est alors que
François, croisa son regard implorant et reçut comme un éclair d'horreur.
Car l'homme avait les yeux d'un profond bleu pervenche miroitant qu'il
reconnut à l'instant même où ses prunelles brunes les rencontrèrent. L'homme
ne semblait même plus avoir la force de lever ne serait-ce que le petit
doigt, alors notre inspecteur s'intéressa à un bout de papier qui flottait
dans le sang, près de l'endroit où il venait de tomber.

En observant attentivement, il découvrit que c'était une photo
représentant une dame et un petit garçon aux yeux bleus, assis sur la plage.

La dame avait un étrange tatouage à l'encre rouge à moitié caché par
son maillot de bain : un triangle sur une croix.

Et sous la photo, il y avait marqué : Yvonne et Jean-Luc Verdun, été
1964.



Puis, tout devint clair dans son esprit, Maigret venait de
comprendre. Soudain, avec un élan de colère qui surpris François, l'homme
leva un couteau taché de sang et, dans un dernier effort, se prépara à le
lancer.

« . tuer . sang . tuer, encore tuer . couteau . maman . plus jamais,
vengeance . élèves . MAMAN ! » balbutiait le meurtrier, épuisant les
dernières gouttes de salive qu'il lui restait.

Mais il ne put finir son geste, ni blesser personne. La fatigue eut raison
de lui. Il lâcha le couteau sur ce dernier mot : Maman .

François, lui, reprit peu à peu ses esprits, enleva ses cheveux
trempés qui lui obscurcissaient la vue et dit d'une voix ferme, mais encore
un peu effrayée :

« M. Jean-Luc Verdun, vous êtes en état d'arrestation. »



« Silence, s'il vous plait ! réclama le juge. Bien, à la suite de l'enquête
du commissaire Poltier, nous avons retrouvé et arrêté le suspect. Il s'agit
de M. Jean-Luc Verdun, fils de Mme Yvonne Verdun. M. Verdun, vous êtes
soupçonné d'homicides avec préméditation sur deux mineurs. Reconnaissez-vous
les faits ? »

L'accusé leva ses yeux bleus emplis de tristesse et regarda un à un tous les
gens présents dans la salle, excepté sa mère. Pourtant, quand il éleva la
voix, on ressentait une très profonde colère :

« Oui, votre honneur, je plaide coupable. Je ne regrette pas mes actes. Ils
m'auront permis d'accomplir ma vengeance. Je voulais me venger de ma mère,
elle qui adorait ces élèves. Alors que moi., moi, elle m'ignorait. Toute mon
enfance, elle m'a renié en disant que je n'aurais jamais dû venir au monde.
Elle ne m'a jamais regardé, elle ne m'a jamais embrassé, elle ne m'a jamais
aimé. »

Sa voix se cassa brusquement. Personne n'osait rien dire. Ces mots
résonnaient dans les têtes de chacunes des personnes présentes dans la salle
comme un cri d'effroi. Le seul fait d'imaginer la souffrance d'un fils
mal-aimé imprimait en eux une atroce et douloureuse impression de dégoût.
Bientôt, la voix de François rompit le silence, nette et claire :

« Je crois qu'il serait temps de laisser la parole à la personne concernée.
Yvonne Verdun, confirmez-vous les dires de votre fils ?

- En effet, ce qu'il a dit est totalement exact. Ce garçon n'a jamais été
désiré, c'était une erreur. Il l'a dit lui-même : je ne l'ai jamais aimé et
je ne l'aime toujours pas.

- C'est pour cela que j'ai agi de cette façon. Pour que tu aies peur.Pour
que tu souffres comme j'ai souffert toute ma vie, quitte à tuer deux
innocents. Je t'aurais poursuivie jusqu'à ton dernier souffle. De toute
façon, ça n'a plus d'importance à présent. La seule chose que je regrette, c'est
de ne pas avoir pu te tuer avant de mourir ! »

Sur ces paroles assassines, sans laisser le temps à personne d'intervenir,
il sortit un revolver de sa poche, le posa sur sa tempe et pressa la
détente.

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MessageSujet: Re: Les compositions   Mer 6 Juil 2005 - 11:28

La solidarité ferroviaire.


J’aime bien Namur. Je fais le chemin jusque-là une fois par semaine, parfois deux, rarement trois.
Car si je prends plaisir à la découvrir un peu plus chaque semaine, même si je me réjouis lorsque j’y vois les gens heureux et libres, je n’aimerais y vivre.
Je préfère de loin la gare à deux voies de ma Dinant natale, à celle à douze voies de Namur. Les grands magasins m’exaspèrent plus que ma collégiale. Les couques me semblent bien supérieures aux péquets, et les péniches moins belles que les bateaux-mouches.

Mais Namur reste quand même ma destination préférée lorsqu’il s’agit de passer une journée entre amis, de flâner dans son parc où d’aller faire les magasins, alors que je dois porter les sacs de toutes. Je sais que j’aurais droit de toute façon à une gaufre fumante en hiver, où d’une glace italienne coulant à flots sur un cornet croustillant lorsque la chaleur envahit finalement la vallée.

Je m’y rends donc grâce aux transports en commun, en train principalement, mais il m’arrive de prendre le bus quand le guichetier de la gare ne s’est pas pressé pour vendre ses billets, et que le train, désespéré, s’en va vers une ville plus organisée…

Le bus n’est pas aussi confortable que le train, plus cher et plus lent. De plus, dans le train je suis tranquille, j’ai ma place. Bien sûr, en seconde classe, mais personne n’oserait s’y mettre, de peur que je ne me fâche. Ca, s’est ce que je me dis à chaque fois que j’entre dans le train. En réalité, ma place est la place de bien d’autres touristes n’ayant pas compris que s’aventurer sur un territoire réservé pourrait leur coûter beaucoup ! Je finis par céder, et laisse mon siège à un inconnu comprenant l’intérêt de ce siège trône. En effet, je me mets toujours dans le premier wagon, sur le siège juste à côté de la cabine du conducteur, dans le sens de la marche. Alors cette place là, je ne la céderais même pas à une pauvre vieille femme marchant difficilement à l’aide d’une canne tordue de partout. Non-madame, ceci est à moi, pas question de venir faire vos yeux de malheureuse ! Oui madame, je veux garder cette place.
Bien sûr que je lui céderais mon pays, mais j’aime imaginer cette scène. Donc, j’aime cette place parce que tout simplement, on y est tranquille, plus que tout autres wagons du train. Les petits cons n’y viennent jamais, car ils savent qu’ils vont crier et ont peur de la récidive du conducteur. Les gens en entrant ne viennent jamais dans ce wagon, car c’est le plus petit, et comme c’est le plus petit, ils ne viennent pas, n’essayer pas de comprendre, c’est psychologique. Mais c’est tant mieux pour moi. Sans oublier ceux qui n’ont pas payé, qui n’osent pas venir près de la cabine d’un contrôleur ! En résumé, je me retrouve souvent seul dans le train en partance de Dinant vers Namur, à 14h22, car tous les autres navetteurs se classent dans mes trois catégories. Sauf quand le train est bondé, mais c’est rare à cette heure là.

Me voilà donc seul dans un wagon, dans la dernière rangée, sur le dernier siège, à regarder par la fenêtre. C’est automatique, je n’y peux rien. Puis quelques minutes passent, et je me décide à poser ma guitare sur le siège d’en face, puisque comme toujours, personne n’a voulu mettre ses fesses près de moi. J’ouvre la pochette de ma housse et farfouille pendant dix secondes dans le bordel que peut contenir une poche de 20cm² sur 1cm d’épaisseur ! Je finis donc par y sortir un livre, que je dévorerai jusqu’à ce qu’une voix devenue familière m’informe que je suis arrivé.

Je suis enfin à Namur. Là, j’y fais ce que j’ai à faire, c’est à dire attendre le bus numéro 5, ne pas le payer, aller jusque Salzinne guitare entre mes jambes, descendre en face d’un petit immeuble et me rendre à mon cours. Ce cours intéressant donné par un prof intéressé. Chaque semaine, j’en apprend un peu plus sur mon instrument, et c’est un énorme plaisir. Après, je reviens sur mes pas à pied, je retourne dans la gare, et j’attends 10minutes le train pour retourner chez moi. Voici comment se déroule mes samedi après-midi, en gros…

Durant ces dix minutes, le temps passe excessivement lentement. Sur la grosse horloge, je regarde défiler les secondes. Je suis mal à l’aise. Ben oui, tout le monde te regarde, te dévisage, car on a que cela à faire, dévisager. Ils jugent, décrivent, et rendent souvent un rapport peu glorieux. Donc, je m’assieds sur ces horribles chaises en métal rouge glacé par le vent qui s’engouffre dans la gare. Et là, j’attends, j’attends, sans que jamais rien ne se passe. Qu’est ce que j’aimerais que devant moi des gens se disputent, ou que des brigands partent en courant avec leurs butins, mais non, il ne se passe rien. Ou alors pire, je me tape un couple que n’arrête pas de s’embrasser, et ça dure, et ça dure, parce qu’évidemment, que voulez-vous qu’ils fassent ?

Sur l’autre voie juste à coté de moi, des gens arrivent pour attendre le train qui va les amener vers Charleroi. C’est la cohue, la femme vient d’annoncer d’une voix nonchalante que le train va bientôt entrer en gare, alors tous ces gens se tassent par petits groupes à l’endroit que sera la porte. Ils n’en savent rien ou sera la porte, mais tous pensent que celui qui était avant eux savait où serait la porte, donc ils se mettent derrière lui. Mais le premier s’est mis là, parce qu’il en avait envie. Donc des gens s’entassent s’en savoir pourquoi.

En face de moi, un petit groupe se forme déjà près du couple, qui pour l’heure s’est arrêté de s’emballer. Cinq, dix, vingt personnes déjà. Au fond de moi, je n’espère qu’une chose, que la porte qui va bientôt arriver se situe à équidistance entre deux groupes, vous les verrez, alors, se dépêcher, pour arriver avant l’autre groupe. Alors tous se motivent. On appelle ça la solidarité ferroviaire. Enfin, c’est moi qui appelle cela comme ça. Le chef de chaque groupe prend sa meute en main et fonce à toute allure en direction de la porte, et là… Les deux groupes fusionnent, se retassent ensemble, le train s’arrête, certains petits filous se faufilent ou feintent de se retourner en reculant un peu, et gagnent 3cm. Ils devraient se voir. Ridicule. Tout cela pour une place dans le train qui les conduira à Charleroi… Je ne fais jamais ça, moi. J’ai ma place réservée.
Enfin, quand les portes s’ouvrent enfin, notre clan fonce, mais se fait rejeter par le clan qui descend du train. Ils s’énervent fort là, aussi, le petit filou de tout à l’heure rentre à travers les descendants, et vas-y que je te bouscule, pardon madame, hi, pardon monsieur, ho. Et voilà, il est rentré.

Non, cela ne se passera pas comme cela aujourd’hui. Dans la meute en face de moi, une brebis galeuse. Elle m’intrigue. Cette petite femme, vieille, très vieille, porte un gigantesque sac, ou elle pourrait facilement s’y faufiler si ses rhumatismes ne l’ handicapaient pas. Elle est habillée de ses plus beaux atours, une petite veste certes démodée, mais qui il y a vingt ans, devait faire fureur. Elle s’en souvient encore, quand elle avait montré le ticket d'achat à son mari. Il avait râlé, haaaa ça oui !
En dessous de cette petite veste pincée grise, elle porte un gilet en moins bon état, noir, en laine je dirais. C’est moi qui la dévisage maintenant. Moi qui n’aime pas cela.
Elle à une jupe un peu plissée, bleue marine, et des bas qui rendent ses jambes plus bronzée et lisse qu’un Jamaïcain. Voyez bien la comparaison !
Quand je disais que c’était c’est plus beaux atours, je me suis peut être trompé, en fin de compte, ses habits n’étaient pas jolis, voir hideux! Mais ses bijoux n’étaient pas de pacotilles. La petite femme du quai portait une rivière de perles précieuses, deux chaînes en or qui arboraient son cou aussi plissé que sa jupe, des bagues fleurissantes et des bracelets d’argents. On pouvait dire qu’elle ne passait pas inaperçue.
Elle et son baguage étaient posé près d’une colonne, la pauvre, elle n’en pouvait plus de son lourd fardeau.

Pendant ce temps là, sur les si belles chaises, un garçon vint se mettre, en laissant quand même une chaise entre moi et lui, on ne sait jamais, je ne suis peut être qu’un tueur de gars. C’était vraiment le style de gars que je déteste, les jeans tombant jusqu’au genou, alors que moi c’est jusqu’aux fesses, la casquette à l’envers, alors que moi c’est cheveux blonds, t-shirt de basketteur, alors que même moi qui ai joué du basket, je n’aurais jamais osé mettre cette ordure, et boucles d’oreilles, qu’il portait bien moche, dois-je dire. Enfin, le contraire de moi, et aussi en peau, mais je ne suis pas raciste. Les gens en face de nous devais jouer aux jeux des sept différences, je suis sûr ! Ils les auraient facilement trouvées…
Ha oui, détail futile, mais qui fait tout son charme, il avait une cannette de bière à la main(les hommes savent pourquoi, bien que moi pas !). Bon, j’avais bien une guitare, moi ! Je crois qu’il écoutait du rap avec son mp3, mais avec son dos tout plié du gars qui regarde la téloche toute la journée, et ses rastas, il n’y avait pas assez d’espace entre ses oreilles et sa veste pour que je distingue réellement un fil.

Revenons à notre dame. Je la vois maintenant déboussolée, elle essuie un peu de sueur sur son front. Pendant que je la regarde, une femme près de la petite femme du quai me voit regardant la vieille. Cette une grande femme blonde, sérieuse, sûrement qu’elle travaille à Namur. Bien sûr, dès que je la regarde, elle détourne la tête. Elle aussi observe la vieille. On est aux aguets.
Voilà qu’elle quitte son sac et titubant, avance de quelques pas fragiles sur le quai. Maintenant, bon nombre de gens la dévisage.
Un moment se passe, deux secondes, mon sang ne fait qu’un tour, la voilà qui s’écroule, s’affaisse de tout son long sur le quai. Sans un bruit, elle glisse par terre. En silence, comme sans doute elle l’a été durant toute sa vie.
Un instant.
Deux instants.

La femme blonde se précipite sur la femme. Je veux me lever, mais déjà une dizaine des membres du groupe s’agglutine autour de la vieille qui semble vraiment sonné. Alors je me rassied. Je jette un coup d’œil sur rastas-man, il à l’air plus paisible que jamais. En moi-même, je me dis « Alalaaaaaaaa, voilà ce qui se passe quand on fume autre chose que des cigarettes,… on perd encore plus de sentiments qu’un bouddhiste. »
On la relève, le train arrive, déjà, les gens se poussent aux portes. Ils ont de la chance, le train s’arrête, et laisse devant le clan un trou béant. Les gens montent, ceux qui descendent regardent la vieille. Sauf la femme blonde reste avec elle. Elle me regarde. Elle regarde le train.
La petite femme du quai au bras, et s’approche de moi, et gentiment, l’assied entre moi et rastas-man. Elle me sourie, elle est jolie, quand elle sourit. Bien sûr je ne peux résister, je prend sous mon aile cette pauvre femme, que tous semble avoir oublié.
La blonde se dépêche pour entrer dans le train, jette un dernier regard dans ma direction, et sourie, elle me remercie.
Le train part, me voilà assis sur un triplé de chaises avec une folle et un drogué. Ca fait plaisir ! Et bien sûr, plus personne autour.
Je vais chercher le sac de la vieille. Il est vraiment lourd, la pauvre. Elle, elle n’a pas encore dit un seul mot. Elle n’en dira aucun. Et je m’assied à ses côtés. Rastas-Man, regarde la vieille d’un air perplexe, il ne sait pas quoi faire. Mais il n’y a rien à faire mon gars, c’est une personne âgée, elle est donc un peu folle, faut pas s’en soucier.
Le regard dans le vide, ma convive ne bouge pas. Je lui demande si elle ne s’est pas faite mal en tombant, aucun son ne sort de sa bouche fripée. Ok…
Les minutes passent, plus que trois minutes avant mon train, que va-t-elle devenir après ? Je ne sais pas où elle va.
Elle s’abaisse. J’échange un regard interrogatif avec rastas-man, puis on sourie, comme pour dire « Dans quel pétrin on est ! »
Elle farfouille dans son gros sac. Ses mains ridées et mais bien propres cherchent sans chercher. Après un petit temps, elle sort un billet. Un billet de train. Elle le regarde attentivement. Il n’y a pas d’inscription dessus. Bizarre, c’est juste un billet de train sans destination précise. Elle chipote avec. Quand elle le retourne, je découvre enfin sa destination.
D’une écriture lisible, mais pas féminine, au bic, sur le billet est inscrit : « Andenne, voie 1, 17h32 »
La vieille ne semble pas y faire attention.
Nouveau échange de regard avec mon complice, puis on regarde simultanément l’horloge « 17h09 ».
Une femme me dit gentiment que le train pour Dinant entre en gare voie 2.
Meeeeeeeeeeerde.
Et puis, re meeeeeerde. Rastas-Man se lève et me laisse seul avec la petite femme du quai, abandonné par son mari, et même sûrement battue car à travers ses bas, je distingue de nombreuses lésions. Quel lâche ! Que vais-je faire.
Le train est là. D’un coup, la femme se lève, et si dirige vers la porte en prenant son sac. Je la poursuis et lui dit que ce n’est pas son train. Celui pour Andenne n’est pas celui-ci.
Il faut encore que tu attendes, ma vieille, après, tu seras libre. Une goutte traverse son visage, ça me fait mal. Je l’a conduit vite devant la voie 1, en la rassurant. Cette malheureuse est totalement perdue. Cela me rend profondément triste. Je la tiens par son bras. Elle tremble. J’ai ma guitare dans mon dos et son gros sac qui commence à peser dans l’autre main.
Là ! En face de la voie 1, sur un triplé de chaise rouge est assis un homme d’une cinquantaine d’année. J’assied la dame, lui dit qu’elle prenne le prochain train.
A l’homme, qui me regarde bizarrement, je lui demande s’il veut bien vérifier que cette dame prenne le train vers Andenne, et je lui montre son billet.
Il ne répond pas, plein d’interrogation…

Et je saute dans mon train. Comme la blonde autrefois, je laissai la petite femme du quai, tel un bâton de relais, sous la responsabilité de quelqu’un d’autre. C’est cela, la solidarité ferroviaire.

Je fonçai dans le premier wagon, premier rang, premier siège. Merde. Ma place était prise. Prise par Rastas-Man. Il sourit, je souris à mon tour.

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MessageSujet: Re: Les compositions   Mer 6 Juil 2005 - 11:29

L'auteur reste anonyme

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"Nous sommes le premier janvier. Je viens de commencer la meilleure année de ma vie. Je ne peux pas vous dire ce que je ressens car je n’arrive pas à mettre les mots sur mon bonheur. Il est quatre heure du matin et je rentre à la maison après une soirée très particulière. Ce n’est pas du à l’effet de l’alcool car je n’en ai pas beaucoup consommé. Mon euphorie est principalement du au fait que j’ai enfin sauté le pas avec A. Il est maintenant mon meilleur ami, l’homme de ma vie et mon amant. Je remarque à peine que mes parents ne sont pas encore arrivés et je monte dans ma chambre où je ne tarde pas à m’endormir.

La sonnerie du téléphone me tire d’un rêve que j’aurais préféré continuer. Pourquoi personne ne répond ? Je décroche encore endormie et j’entends la voix brisé de mon oncle qui m’annonce sans ménagement la mort de mes parents. Je fond en larmes abasourdie par la nouvelle. Je ne réalise pas vraiment ce que je viens d’apprendre et le manque de sommeil ne n’arrange rien. Moi qui pensait commencer la meilleure année de ma vie ! Le briseur de rêve m’annonce qu’il viendra me chercher dans quelques heures car je dois aller habiter chez lui jusqu’à ma majorité. Je m’habille machinalement. Je n’ai pas faim. Mon corps me fait mal. La douleur m’oppresse la poitrine. Mes pensées se bousculent. La mort dans l’âme, je prépare ma valise.

Comme prévus mon oncle vient me chercher. Nous sommes le premier jour de l’année, il est quatorze heure et le cauchemar n’est pas terminé. Nous arrivons devant l’imposante maison de ceux qui sont maintenant mes plus proches parents. A peine tonton a-t-il arrêté le moteur que la porte d’entrée s’ouvre sur ma tante. Elle a les yeux rougis par les larmes et ses longs cheveux noirs ne sont pas coiffés. « Ma pauvre chérie… » ne cesse-t-elle de répéter. C’est à ce moment que je comprends réellement que je ne reverrai jamais mes parents. Je laisse les larmes mouillées mes joues et je me réfugie dans les bras de ma tante. C’est la sœur de ma mère. Elle lui a toujours beaucoup ressemblé et l’espace d’un instant je me revois plus petite dans les bras de maman. Je sanglote de plus belle. Elle tente de me consoler mais les larmes la gagnent et nous pleurons toutes les deux, partageant notre douleur. Mon oncle finit par me conduire dans ma nouvelle chambre et me dit d’un ton que je juge trop dur de m’installer et de me reposer. Ce que je fais mécaniquement. J’ai séché mes larmes mais je ressens toujours ce sentiment de vide immense qui n’est pas près de cesser. Peut-être que la sensation de solitude s’estompe peu à peu avec le temps ? C’est ce que j’espère car même si je ne les oublierais jamais je ne pourrais pas vivre éternellement dans leur souvenir. C’est sur ces pensées que je m’endors.

Je passe les deux jours qui suivent dans la chambre d’amis de ceux qui m’ont accueillie. Je ne mange pas les plateaux repas que m’apportent ma tante et je reste allongée sur le lit. Les souvenirs défilent. Les meilleurs moments de ma vie comme les pires. Et dans cette courte période de solitude, certains mots me reviennent inlassablement : douleur, malheur, orpheline, mourir et de nombreux autres qui ne peuvent exprimer qu’une si petite partie de ce que je ressens.

L’enterrement arrive à une vitesse vertigineuse. En ce quatre janvier, la vue des deux cercueils me donne envie de vomir. Comment peut-on supporter d’être enfermé là-dedans ? Je sais bien que mes parents sont morts mais j’ai du mal à me faire à cette idée. Voir que l’église est pleine me redonne espoir. Je ne suis donc pas seule. Je reconnais mes amis et je les remercie d’un regard. La tristesse se lit sur tous les visages qui m’entourent. Aller au cimetière est à mon goût plus éprouvant que la cérémonie religieuse. Nous rentrons chez mon oncle et ma tante où je retrouve la solitude de la chambre d’amis. Cette nouvelle épreuve m’a tellement bouleversée que je m’endors toute habillée.

Les longues journées d’hiver reprennent et ma tante commence à s’inquiéter de mon silence. Je refuse les appels de mes amis et n’accepte aucune visite. Elle a même demander la visite d’un médecin mais celui-ci lui a dit qu’il ne pouvait rien faire sans mon accord et que seul une séance chez un psy pourrait m’aider. Je persiste à n’accepter aucune aide. Je me réfugie dans la lecture.



Nous sommes le premier février. Il y a un mois, je croyais commencer la meilleure année de mon existence. Lire m’a permis de tourner une page de ma vie. J’ai décidé de sortir de la solitude. Je commence donc par rallumer mon portable, chose que je faisais chaque matin auparavant. Je consulte mes nombreux messages puis je m’habille chaudement pour aller prendre l’air. Je mange dans la cuisine pour la première fois depuis mon arrivée ici et je laisse un mot sur la table pour prévenir de mon absence. C’est un samedi matin ensoleillé. Je quitte la maison sans un bruit.

Le cours de ma vie reprends. Je retourne au lycée quelques jours plus tard. Je revois alors tous mes amis et je réussis même à oublier l’attitude des autres, de ceux qui ne savent pas comment réagir. Dès lors, je commence à revivre. Les jours se suivent et se ressemblent. La monotonie refait surface. Chaque jour, A me raccompagne. Mais je redoute la tombée de la nuit car elle annonce l’heure où il doit rentrer chez lui, l’heure où il m’abandonne à mes soirées solitaires. Sa présence m’apaise. Il m’aide à retrouver ma joie de vivre et ma tante paraît contente de ce brusque changement.

Et puis, un matin de brouillard, je commence à avoir des nausées, des maux de ventre et parfois même des vertiges. Qu’est-ce qui m’arrive ? Dans un premier temps, pensant à un virus, je ne dis rien. Mais les douleurs persistent, les vertiges deviennent plus fréquents. J’en parle alors à celui qui me comprend si bien, à mon ami mais aussi mon amant. Nous n’avons pas eu d’autres rapports sexuels depuis ma première fois parce que je quitte rarement ma nouvelle maison, qui n’est pas l’endroit idéal. Cependant, je le considère encore et toujours comme mon amant. Mais même en le considérant comme tel je ne pense pas tout de suite à ce qui peut m’arriver. D’ailleurs A ne s’en doute pas plus que moi et me conseille juste de voir un médecin ou d’en parler à ma tante. Ce n’est que la nuit suivante alors que je rêve pour la énième fois de la merveilleuse soirée où j’ai perdu ma virginité que je me réveille en sursaut. Je viens de tout comprendre ! Ce n’était pourtant pas bien compliqué : retard de règles, nausées matinales, maux de ventre, vertiges, et même de temps en temps envies inexpliquées de chocolat… Mais il me reste à annoncer ce que je viens de découvrir à mon petit ami, celui qui, dans quelques mois, deviendrait le père d’un tout petit être. Je suis heureuse mais terrifiée à l’idée de ce que pourrait être sa réaction. Bien sûr que je tiens à garder cet enfant mais je ne pourrai pas affronter cette nouvelle épreuve toute seule ! Je passe la fin de la nuit à me demander de quelle façon je vais lui en parler. J’ai donc pris, en ce premier matin de mars, un rendez-vous au planning familial pour un examen gynécologique. Je veux avant de prendre ma décision définitive être sûre que le bébé sera en bonne santé. En attendant l’avis du médecin, je continue à vivre normalement et à profiter des quelques heures d’insouciance quotidiennes passées aux côtés de A.

Je sais que je casse cette monotonie en me rendant à ce rendez-vous mais ce n’est pas pour me déplaire. Je m’y rends donc seule et un peu stressée sachant que ce qui se dira jouera sur mon avenir. La gynécologue sait trouver les mots qu’il faut. Elle m’annonce que je suis enceinte de neuf semaines et que tout se passe à merveille. Elle ajoute qu’il est trop pour avorter mais que vu mon jeune âge il est possible de faire adopter l’enfant. Je lui rétorque vivement que je n’abandonnerais pour rien au monde mon bébé à des étrangers. Après quelques conseils et un autre rendez-vous prévu quelques semaines plus tard, je quitte le planning familial. Pour la première fois depuis longtemps je suis heureuse et pleine d’espoir en ce qui concerne l’avenir.

Le lendemain, j’annonce la nouvelle à A mais il ne montre pas autant d’enthousiasme que ce que j’attendais. Il me dit que je le prend de cours, qu’il n’est pas près à être père. Je décide de le laisser réfléchir et les larmes aux yeux, je lui demande de partir et de ne revenir que s’il change d’avis. Il est blessé par mes paroles mais obéit connaissant mon fort caractère et croyant sans doute qu’il ne faut pas contrarier une femme enceinte. J’en ai ensuite parlé à mon oncle et ma tante mais ils n’ont pas été plus compréhensifs. Les jours passent et je ne supporte plus le regard des autres, de tous ceux qui nous jugent sans vraiment nous connaître parce qu’on a dix-sept ans et le ventre qui s’arrondit.

Je fugue sur un coup de tête, sous un soleil matinal, un jour où les oiseaux chantent. Les arbres commencent à bourgeonner et le printemps s’annonce. Je me sens seule et incomprise. Même mes amis ne me comprennent plus. C’est pour vous dire comme je suis tombée bas ! Je suis enceinte de presque quatre mois et sans nouvelle de celui en qui j’ai porté tous mes espoirs. Je erre dans les rues désertes sans trop savoir où je vais. Les heures défilent et les quelques passants que je croise me lancent des regards où je devine des questions qui n’ont pas de réponses.

J’ai rendez-vous au planning familial et je m’y rends comme prévu. Je dois parfois attendre plus d’une demi-heure dans la salle d’attente mais le personnel est à l’écoute et les autres patientes sont toujours prêtes à donner un renseignements, à discuter de tout et de rien. Aujourd’hui, je remarque la présence d’une jeune femme au ventre bien rond et aux longs cheveux blonds. Elle me paraît sympathique et j’engage la conversation sur nos grossesses mutuelles. Après quelques minutes de discussion, j’apprends qu’elle vie dans un centre pour les jeunes mères en détresse. Je me surprends à parler de ma fugue et de mes problèmes familiaux ; confidences qu’elles accueillent avec un sourire. Avant de quitter la petite pièce, elle me tend un papier sur lequel elle a noté l’adresse du centre et m’encourage à passer la voir. Je consulte comme promis. Ma grossesse se passe toujours aussi bien mais à mon avis, je suis une mère en détresse. Je jette un coup d’œil à ma seule chance de m’en sortir. C’est dans une petite ville de campagne et je décide qu’un train m’y conduira. Heureusement que j’ai pris mes économies avant de partir !



Me voilà devant la maison dont m’a parlé ma nouvelle amie. C’est une grande villa aux fenêtres encadrées de bleues. La porte est assortie aux volets et je crois apercevoir un jardin. Je sonne et une jeune femme vient m’ouvrir. Elle porte un bébé dans les bras. « Tu dois être M » me dit-elle. Je l’interroge du regard, me demandant comment elle connaît mon prénom. Elle me sourit : « L nous a déjà parlé de toi ! » Je hoche la tête. Elle me dit que tout le monde m’attend et qu’une chambre est déjà préparée. Je dois juste remplir quelques formulaires après quoi elle me fait visiter le centre, ma chambre et me présente aux autres. En ce vendredi vingt mars, je retrouve espoir.

Je passe mes journées en compagnie de futures mamans. Nous sommes toutes mineures et nous nous serrons les coudes. Nos accouchements ne sont pas prévus en même temps mais nous savons que nous pouvons compter les unes sur les autres. Nous partageons l’histoire de nos vies, nos peurs, nos pleurs, nos douleurs et nos regrets au sujet des études que nous avons du abandonner. Chaque soir, je me retire dans ma chambre et j’écris à celui que j’aime encore des lettres que je ne posterais sans doute jamais.

Les mois défilent. Je vais me promener sous le soleil d’été dès que j’ai un moment. Nous suivons avec attention les conseils de la sage-femme et de l’infirmière qui s’occupe de nous. Je ne vais plus au planning familial car cela me rappelle de mauvais souvenirs. Une gynécologue passe chaque semaine pour surveiller les grossesses de toutes les jeunes mères qui habitent le centre. Certaines d’entre nous ont déjà accouché, d’autres ont quitté le centre alors que d’autres y sont entrés. La vie suit son cours.

Et un matin de septembre, alors que le soleil n’est pas encore levé, je sens les premières contractions et je perds les eaux. L’accouchement se passe sans trop de difficulté mais pas sans douleurs. Après un peu plus de trois heures de travail, je donne naissance à une merveilleuse petite fille. Je l’appelle Sarah car elle est ma petite princesse. Nous pouvons rester quelques mois après la naissance de l’enfant. Ce que je décide de faire.



Les feuilles tombent et le froid est de nouveau là. Nous sommes en décembre et mon bébé grandit toujours autant. Elle est pleine santé et les jeunes mamans l’adorent.

Je fête mes dix-huit ans un jour de pluie. Tout le centre participe à la grande fête que j’ai organisé. La salle où l’on prend les repas a été décorée pour l’occasion et tout le monde s’amuse.

Il est maintenant temps de quitter le centre. Avoir un enfant m’a permis de renaître et j’ai décidé d’affronter la vie. Je ne suis plus seule. Je prépare mes valises et après les adieux, les échanges d’adresse et les pleurs je me retrouve de nouveau dans la rue avec ma petite princesse sous le bras.

Je suis décidée à aller rendre visite à celui que j’aimais encore il y a quelques mois. Il n’a pas donné de nouvelles mais je ne l’ai pas oublié. Je pense lui donner les lettres que je lui ai adressé pendant ma grossesse et j’espère seulement qu’il acceptera de voir grandir celle a qui il a donné la vie. Il faudra ensuite que j’aille voir mon oncle et ma tante, mes seuls parents encore vivants. Je ne sais pas où nous allons vivre, mon petit bout de chou et moi. Je pense que nous pourrons vivre dans l’ancienne maison de mes parents si mon oncle, devenu mon tuteur quand je suis venue habitée chez lui, ne l’a pas vendu. Une chose est sûre ces deux visites seront décisives.

Nous donc voici dans le train en direction de la ville où j’ai grandit. Celle que je n’ai jamais voulu quitter. Une larme glisse sur ma joue. Je parcoure le compartiment des yeux et mon regard se pose sur Sarah qui s’est endormie dans son landau. Qui pourrait résister à une telle innocence ? Elle semble si paisible que la regarder me calme instantanément. Je souris en imaginant le bonheur qu’aurait eu mes parents en apprenant qu’ils étaient les grands-parents de ce petit ange.

Nous ne sommes plus que toutes les deux dans le wagon. Un bruit étrange brise le silence pesant.

Tic, tac, tic, tac, tic, tac…

Qu’est-ce que ça peut être ? Ma petite princesse dort toujours et je ne veux pas la laisser seule. Je cherche donc sans bouger d’où pourrait venir ce bruit… et je remarque un sac abandonné sur un siège. Je réfléchis à toute vitesse. Que peut contenir ce bagage qui ferait un bruit aussi peu familier ?

Tic, tac, tic, tac, tic, tac…

Une idée s’impose alors à moi. Ce serait une BOMBE ? Mais pourquoi ? Ce n’est pas possible ! Pourquoi ? Je me lève avec la ferme intention de jeter le sac par la fenêtre mais avant que je puisse réagir une explosion retentit et tout devient noir."

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MessageSujet: Re: Les compositions   Mer 6 Juil 2005 - 11:30

Encore une fois je vous remercie pour votre aimable participation Petit sourire

Meric à vous tous


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MessageSujet: Re: Les compositions   

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Les compositions
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