Eh bien, sans du tout vouloir te contredire, justement, les choses ne se passent pas comme ça.
Affect et
intellect sont deux champs de traitement de l'information que distinguent les psychologues. Ces deux champs sont exclusifs au même moment (à l'instant t on a recours soit à l'un, soit à l'autre, et si c'est à l'un ce n'est pas à l'autre). Certaines personnes ont plus souvent recours au champ affectif, d'autres ont plus souvent recours au champ intellectuel (avec un gradient dont on ignore la nature).
Mais ce recours préférentiel dépend des personnes et pas du sujet abordé. Il ne s'agit pas de ce qu'on traite, mais de la façon de traiter les choses.
Ainsi, un scientifique (c'est à dire un professionnel d'une science) de type affectif s'enflammera, fera preuve d'enthousiasme, s'investira passionnément dans ses débats, alors qu'un artiste de type intellectuel (il y a notamment des musiciens comme ça, mais on en trouve aussi dans les autres beaux-arts) traitera les choses de façon plus froide, plus calme, plus distanciée, plus factuelle, plus contrôlée. Les affectifs ont du mal à se contrôler, et les intellectuels ont du mal à se lâcher.
Les approches affectives ou intellectuelles se retrouvent chez tout le monde, aussi bien chez les philosophes, les scientifiques, les religieux, les artistes, et aussi hors des professions : pères ou mères de famille, etc.
Dans les catégories professionnelles, on trouve des dominantes, mais qui ne sont que des dominantes : par exemple il y a plus de comptables non affectifs que de comptables affectifs, mais on trouve quand même bon nombre de comptables qui sont des personnes chaleureuses et capables de passion ou d'enthousiasme.
Chez les philosophes, on trouve les deux catégories, et chez les scientifiques également. Chez les militaires ou chez les médecins aussi.
Si tu regardes le débat sur la graphologie, tu verras que c'est le coeur de la question. Le
ridiculement que je cite chez un auteur est un mot qui relève de l'affect et pas de l'intellect. En le choisissant, l'auteur se place sur le champ affectif, c'est à dire qu'il exprime un sentiment.
Pour revenir à notre sujet ici, une dispute enflammée est un objet affectif, et comme l'affect et l'intellect sont exclusifs au même moment, tu n'as aucune chance d'être entendue si tu y réponds en te plaçant dans le champ de l'intellect, par exemple avec des arguments rationnels dits calmement.
Au contraire même, tu risques d'amplifier le phénomène en frustrant l'autre si tu n'accèdes pas à sa proposition d'avoir avec toi un échange affectif. Il y a alors de fortes chances que, n'ayant pas reçu ce qu'il attendait, il accentue sa demande en mettant encore plus d'affect, c'est à dire en se fâchant encore plus fort.
Hum, excuse le côté un peu didactique de cette réponse. Mais ce qui est sûr, c'est que l'intellect ou l'affect ne sont pas une question de sujet mais une question de personne.
Un affectif sera toujours prêt à mettre de l'affect, sur n'importe quel sujet.