L'origine de toute connaissance est conditionnée par des concepts de base,
les éléments. Sans ceux-ci, aucune sémantique, aucun sens n'est constructible.
Dans l'antiquité, les grecs et les chinois ont tenté les premières cosmogonies
en imaginant des éléments qui sont la base de la Nature, 4 éléments
pour les grecs (eau, terre, air, feu), et 5 éléments pour les chinois,
jusqu'à 8 pour une conception coréenne antique. Il semble
que cette philosophie est universelle dans l'humanité.
Le philosophe grec Démocrite fut le premier à élaborer un concept
moderne, celui d'atome, lequel est à l'origine de la chimie moderne.
Dans cet article, je vais aller plus loin, en réunissant toutes les
connaissances, afin d'en dégager les éléments respectifs.
Chaque connaissance est induite par des bases élémentaires,
lesquelles sont relatées ci-dessous :
chimie -> atome
physique nucléaire -> quark
physique quantique -> quantum
physique des champs -> onde
biologie -> cellule
génétique -> gène
mathématiques -> nombre
grammaire -> mot, alphabet, symbole
théorie de l'information -> mème
épistémologie/philosophie/psychologie -> conscience, être
Maintenant, nous allons raisonner sur ce qu'on peut faire
avec ces données. La chimie est cohérente et intelligible
parce que le concept d'atome permet d'obtenir des résultats
tangibles. Le nucléaire est une réalité tangible parce que le
concept de noyau atomique, de quark, est un élément fondamental.
De même, quelle connaissance serait exploitable si nous ne disposions
pas d'un concept élémentaire ? Il est donc évident que nous ne pouvons
construire aucune connaissance sur du néant, du non-être ou le zéro.
Tout élément est la base relative d'une connaissance donnée.
Il y a une distinction, une certaine distance, entre "connaissance"
et "élément". Si la connaissance se confond avec l'élément lui-même,
nous entrons en paradoxe : la chimie s'arrête au concept d'atome,
l'atome est l'élément à la frontière de cette connaissance qu'est la
chimie. Afin d'explorer la chimie au-delà de ce qu'elle est, et de
découvrir de nouvelles connaissances, plus complètes, il est nécessaire
d'extrapoler en-deça des éléments concernés : au coeur de l'atome,
la physique des particules. Là, on voit que l'atome, concept élémentaire,
est subdivisible en plusieurs nouveaux concepts plus élémentaires,
comme les protons, les neutrons et les quarks.
De même, pour dépasser la génétique, il faut voir en-deça du gène
(structure moléculaire de l'ADN), ou au-delà du gène comme
l'organisme pris dans son ensemble, jusqu'aux chaînes écologiques,
le biotope et l'écosphère.
Lorsqu'on développe tous les éléments fondamentaux jusqu'à
leur limite théorique, on obtient deux axiomes-clés, auxquels
il n'est pas possible de franchir la limite :
- L'élément de la matière est le quantum de Planck. (concept concret)
- L'élément de la conscience et de l'être est le nombre. (concept abstrait)
Si l'être (en tant que conscience) et la matière sont la même chose (voie suggérée par les neurosciences), alors tout est nombre (axiome affirmé par Pythagore lui-même).
Autres axiomes :
- Aucun élément fondamental ne peut être objet de connaissance de
lui-même. (confirmé par le théorème de Gödel)
- La conscience, élément de base de l'ensemble de toutes les connaissances possibles, ne peut être objet de sa propre connaissance.
La conscience est indécidable et ne peut être décrite et explorée que
par un concept qui lui est distinct et indépendant. Situation paradoxale,
car hors de la conscience, point de connaissance...
Postulats :
Les mathématiques sont-elles une construction de la conscience,
ou sont-elles une réalité qui lui est extérieure ?
Le vrai est-il corrélé à l'observateur ou est-il un concept distinct
de l'observateur ?
Si les mathématiques sont indépendantes de la conscience, elles
peuvent décrire la conscience.
Cependant, si tous les concepts sont reliés à la conscience,
la conscience est inconnaissable et le concept de Réalité (ou Vérité)
est relatif.